Qu'est-ce qu'un bon éleveur canin?


A quoi reconnaît-on un "bon éleveur" canin? Qu'est-ce qu'un "bon éleveur" canin?

A ces questions beaucoup pensent avoir des réponses toutes prêtes... De type, c'est un éleveur professionnel  qui a un affixe et qui ne produit que des chiens inscrits au L.O.F. (Le Livre Français des Origines) géré par la Société Centrale Canine...

Hélas, je répondrais quitte à me faire beaucoup beaucoup d'ennemis, que c'est faux, que c'est archi-faux.

Se référer aux seuls critères de l'inscription ou non au L.O.F. des chiots et la déclaration en tant professionnel détenant un numéro de SIREN /SIRET, c'est aller tout droit à des déconvenues...

En tant que bénévole, dans un club d'éducation canine et de sports canins, je suis témoin de beaucoup trop d'escroqueries subies par les acheteurs de chiots qui ont payé le prix fort pour devenir propriétaire d'un chien "pure race" atteint de maladies génétiques ou présentant des troubles du comportement à cause d'un sevrage trop précoce ou d'un contexte de naissance malsain, générateur de stress pour la chienne et ses bébés.

 

Un "bon éleveur" se distingue d'un simple "marchands de chiens" et doit satisfaire à de nombreuses qualités:

  1. - la probité, l'honnêteté
  2. - le respect de l'animal , de ses besoins physiologiques et psychiques
  3. - La bonne connaissance des races canines, des risques de tares ou pathologies génétiques
  4. - Sa passion pour les chiens et son amour pour les races qu'il élève
  5. - Son souci de limiter au mieux la propagation des maladies génétiques, en pratiquant des examens, des tests de santé sur les futurs reproducteurs afin d'écarter de la reproduction tous les sujets à risque.
  6. - Limiter le nombre de portées par chienne et à ne pas  les faire reproduire deux années de suite...
  7. - Assurer un quotidien de qualité aux chiens adultes qu'il possède.

Décider d'être éleveur canin, est certainement à la portée de tous, mais décider de devenir un "bon éleveur" est beaucoup plus difficile, et sachez qu'ils ne sont pas majoritaires, c'est pour cela qu'il n'est pas toujours facile de les trouver... 

Un éleveur canin consciencieux s'expose à de nombreuses difficultés: des soucis financiers liés aux suivis vétérinaires, les maladies , les impondérables... Les acheteurs de mauvaise foi... Les acheteurs de chiot qui regrettent leur achat ou bien qui ne savent pas s'occuper d'un chien et qui reviennent à l'éleveur qui devra le "recaser"... Les portées qui avaient été prévues et qui se passent mal... Les chiots en mauvaise santé qui ne survivront pas...

Devenir éleveur canin, c'est accepter un grand nombre de contraintes et de sacrifices, et en cela je tire mon chapeau à ceux qui le font avec un grand souci d'éthique et de respect de l'animal.

 

Régulièrement "30 millions d'amis" fait état d'élevages de chiens à la dérive, d'usines à chiots inscrits ou non au L.O.F où les animaux vivent dans les pires conditions... Soit, ce sont des éleveurs sincères au départ, qui se sont laissés déborder par des soucis financiers, soit ce sont des personnes malhonnêtes qui ont espéré tirer profit de la vente de chiots et de chiens de race...

Le "bon éleveur" canin ne peut pas vivre uniquement de la vente de chiots, il exerce une profession parallèle: éducateur canin, pension canine, commerce de produits pour chiens, agriculture...

Il est des éleveurs amateurs ne disposant pas d'un affixe ou d'une numéro de SIREN, qui coachés par des experts de la race, ou bien informés peuvent aussi proposer des chiots de race de qualité.

 

Alors comment rencontrer le "bon éleveur" canin?

- Par recommandation

- En consultant le club de race (il est parfois répertorié parmi les éleveurs qui ont signé la charte d'élevage)

- Dans un salon 

- Dans un marché à chiens

- En cherchant son site web sur internet

 

Ne pas acheter le chiot dès le premier contact avec l'éleveur...

Un chiot ne s'achète pas sur un coup de cœur... Ce doit être un acte murement réfléchi...

Je conseille de visiter plusieurs élevages, si vous ne connaissez pas l'éleveur...

Ne pas hésiter à faire des centaines de kilomètres pour trouver le "bon éleveur"

Refusez de prendre possession du chiot à moins de 8 semaines et s'assurer que les chiots restent en contact avec leur mère pendant ce délai, car c'est elle qui va lui apprendre l'acceptation de la frustration, l'inhibition de la morsure et plein de choses encore... Que vous humain ne serez pas capable de lui apprendre...

 

 Sinon, il faut adopter un chien dans un refuge ou dans un centre SPA, là oui le coté "coup de cœur"  est nécessaire, s'agissant généralement de chiens adultes abandonnés qui ont hâte d'être adoptés. 


L'inscription au L.O.F. ( Livre Français des Origines) n'est en aucun cas un gage de qualité pour l'acheteur


"Tout acheteur de chiot inscrit au LOF a normalement la garantie de la part de l’éleveur vendeur du chiot, mais également de la part de la Société Centrale Canine  gestionnaire et responsable du LOF, que le chiot acheté a pour parent tel chien et chienne inscrits au LOF [...] Or une majorité des acteurs rencontrés sont convenus qu’un pourcentage non négligeable des certificats de naissance sont en fait des faux puisqu'au moins l’un des deux parents inscrits ou ne seraient pas le géniteur réel [...]Quelques contrôles ciblés car ils visent des éleveurs suspects – ont été réalisés par la SCC. Pour les années 1998, 1999, 2000, 2001, ils ont porté, (d’après le document en date du 19 février 2002 de la SCC) sur 34 portées chez 34 éleveurs. Sur16 des 34 contrôles, des incompatibilités ont été démontrées entre chiots et parents déclarés; ils correspondent donc à de fausses déclarations ou à des erreurs.." (extrait Rapport sur la Gestion de l'Espèce Canine - Avril 2005- Edité par le COPERCI)

Malgré ce constat alarmant, si vous voulez pratiquer des disciplines canines en participant à des compétitions, vous aurez besoin d'un chien inscrit au L.O.F, car les autres sont considérés comme des chiens non homologués, et vous n'aurez pas accès à certaines épreuves.

 C'est dommage, mais c'est la règle en France, les disciplines canines étant gérées par la Société Centrale Canine, qui est un organisme chargé de promouvoir les chiens de race, elle gagne à faire une discrimination entre chiens enregistrés au L.O.F. et chiens sans pédigrées, pour inciter les potentiels acheteurs de chiots à les orienter vers des éleveurs qui produisent des chiens homologués Société Centrale Canine.

Les chiots vendus sans certificat de naissance Société Centrale Canine. constituent un réel manque à gagner pour la Société Centrale Canine. En effet pour qu'un chien puisse prétendre au pédigrée, il faut que l'éleveur ait satisfait à un certain nombre de formalités administratives.

Les reproducteurs, mâle et femelle devront tous deux avoir un pédigrée définitif. Celui-ci s'obtient après examen par un "juge-confirmateur" d'un chien adulte déjà issu de géniteurs détenteurs d'un pédigrée. Si ce n'est pas le cas, les chiots même de pure race ne pourront pas être reconnu comme tels.

La saillie doit faire l'objet d'une déclaration auprès de la S.C.C. Ensuite, il y a la déclaration de naissance des chiots pour l'obtention d'un certificat de naissance provisoire du chiot inscrit au LOF. Pour qu'il devienne reproducteur agréé, il doit être confirmé par un juge... Celui-ci va décider si le chien correspond ou non aux standards définis par le club de race.

Toutes ces formalités ont un coût.

Sachez que l'inscription n'est en aucun cas un gage de qualité... Les chiens de race ne bénéficiant pas d'une sélection en fonction de leur santé ou de leur aptitude au travail, la sélection se faisant  pour la majeure partie des chiens uniquement sur l'apparence.

Ce mode de sélection pratiqué pendant des années, a conduit à la production de nombreux chiens de race atteints de tares génétiques, dotés d'un système immunitaire déficient, avec une espérance de vie de plus en plus courte et développant des maladies chroniques.

C'est le cas notamment des races les plus populaires, telles que le Berger Allemand, le Bouvier Bernois, le Golden Retriever, ou encore le Cavalier King Charles. Ces animaux avec pédigrées, souffrent fréquemment de problèmes de malformations au niveau des hanches, d'articulations déformées, de maladies cardiaques, de tumeurs cancéreuses... Certains décèdent avant l'âge de 5 ans...

Ainsi contrairement à ce qu'on pourrait penser et espérer , la production des chiens de race par les éleveurs ne fait pas forcément l'objet d'une attention particulière afin d'écarter du groupe des reproducteurs, les chiens à risque.

Si les clubs de race incitent les éleveurs à pratiquer les tests qui permettrait de dépister les malformations (notamment celle des hanches) et à écarter les reproducteurs atteints, il faut savoir que les éleveurs ne sont pas obligés de tenir compte des préconisations du club de race, ni même d'y adhérer. La confirmation du futur reproducteur se fait en général lors d'expositions canines, par un juge qui contrôle simplement la conformité du chien aux standards: sa taille, la couleur de la robe, sa physionomie. Il arrive même parfois, pour les races assez rare que le juge découvre la race en même temps qu'il l'évalue. Puisque certains juges agréés par la Société Centrale Canine, sont des juges "toutes races" et sont habilités à confirmer n'importe quel chien. 

"Lorsqu'un chien arrive à l'âge adulte, il doit passer devant un expert confirmateur, un amateur bénévole en cynophilie, totalement dépourvu de la moindre compétence et connaissance en biologie et en médecine, qui va s'assurer de la "conformité au standard".

Sur les 200 000 chiots inscrits au LOF chaque année, seuls 10 à 20% des adultes sont présentés en examen de confirmation ! C'est pourtant cet examen, s'il est positif, qui va permettre l'obtention du "pédigrée" sésame indispensable pour entamer une carrière de reproducteur en cynophilie en France.

>> L'examen de confirmation est donc un véritable goulot d'étranglement sur le plan de la diversité génétique, pourtant indispensable à la bonne qualité du vivant et de n'importe quelle entreprise de sélection artificielle.

Les process utilisés en concours de beauté, qui ne concernent donc qu'une infime partie des chiens produits, aggravent encore l'effet d'étranglement de la diversité et de la qualité génétique des "champions".

Les jugements sont effectués par des juges, amateurs bénévoles en cynophilie, totalement dépourvus de connaissances médicales et biologiques, sur la base de critères de "beauté" totalement subjectifs et établis par l'homme. Ces critères n'ont aucune pertinence biologique ou médicale.

Ainsi, par effet de "pléiotropie", un sujet jugé "beau" et "champion" sur le plan phénotypique sera en fait porteur de nombreuses tares dans son génome, non détectée par le process actuel de sélection en beauté, qu'il transmettra quasi systématiquement à tous ses descendants." (extrait Projet de LOFA - Thierry Bedossa- mai 2011)


Ne pas se laisser piéger par les titres des géniteurs en expositions de chiens de race.


Pour mieux promouvoir leurs élevages, et assurer la vente des chiots d'une portée au meilleur prix, certains éleveurs mettent en avant les titres acquis grâce aux expositions canines et les cotations obtenues grâce à ces concours de "beauté".

Ne vous fiez pas à ces titres, ce ne sont que des arguments commerciaux pour vous faire accepter le prix.

La beauté est un critère très subjectif et n'atteste aucunement d'une production de qualité... Un beau chien est avant tout un chien en bonne santé et ce ne sont pas les prix délivrés lors d'expositions canines par des juges qui évaluent les chiens en fonction du standard, qui permettront d'orienter l'acheteur vers le bon éleveur.

Les expositions de beauté desservent davantage l'intérêt du chien : celui-ci est traité comme un objet voire comme un "faire valoir" pour son "Handler" (= conducteur)